Animauzine, militer pour les animaux
13 décembre 2003
Par Nathalie
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Qu’est-ce qui se cache derrière Noël ?

Noël symbolise la société poussée à son extrême au niveau des inégalités... Toutes les formes de domination qu’engendre le capitalisme, les religions, le spécisme, le sexisme ou l’âgisme (liste non-exhaustive, ce sont ces thèmes qui seront abordés dans ce texte) sont représentées sous couvert d’une fête intouchable, difficile à ignorer… pas étonnant vu le conditionnement…

Le conditionnement

Chaque année, à la même période, il est difficile d’éviter les fêtes de fin d’année. A commencer par les magasins (décorations, rayons remplis de jouets, idées de cadeau, nourriture de circonstance…), publicités omniprésentes (catalogues dans les boîtes aux lettres, télévision, affiches…) décoration dans les villes, sans parler des conversations qui tournent toujours autour de ce sujet de prédilection. Le bourrage de crâne bat son plein. Pourquoi devrions-nous être tous et toutes joyeux/euses à l’idée que Noël arrive ? Tout est concentré sur Noël, la fête… des commerçant-e-s, de la surconsommation… et des inégalités !

La société de consommation

Noël rime avec consommation. Il faut offrir, dépenser, consommer, acheter, jeter… oui, oui, oui, aider notre chère société de consommation ! CAPITALISME, CAPITALISME, CAPITALISME ! Pendant cette période de fêtes, les magasins sont bondés de monde, tout s’achète. Noël est synonyme de surconsommation : cadeaux, nourriture, décorations (sapins, guirlandes, boules…), frais de toilettes (vêtements, coiffeurs/euses). Les magasins n’ont plus qu’à nous remercier d’être aussi respectueux/euses de cette tradition. Acheter, consommer, acheter, consommer tandis qu’à deux pas de chez nous, des gens vivent dehors, souffrent de pauvreté ou/et de solitude. . Les inégalités se font tellement tellement sentir qu’elles nous replongent une nouvelle fois dans notre monde, celui des riches d’un côté, les pauvres de l’autre… et les animaux dans nos estomacs.

L’exploitation des animaux

Le repas de cette chaude (pas pour tout le monde !) soirée d’hiver en attendant la venue du Père Noël - et le reste de l’année mais c’est encore plus flagrant à cette époque de fête tournée vraiment autour de la nourriture - est issue de l’exploitation des animaux (dindes, canards, oies, poissons, cochons, lapins…). Logique me direz-vous puisque la notion d’égalité à travers l’espèce humaine est souvent bafouée alors difficile de faire comprendre la lutte contre la domination des humains sur les animaux, c’est à dire l’antispécisme. Le spécisme est à l’espèce ce que le racisme et le sexisme sont respectivement à la « race » et au sexe : la non prise en compte des intérêts de certains aux bénéfices d’autres, en prétextant des différences réelles ou imaginaires, mais toujours dépourvues de liens logiques avec ce qu’elles sont censées justifier. Le spécisme est l’idéologie qui impose et justifie l’exploitation des animaux non-humains par les humain-e-s de manières qui ne seraient pas acceptables si les victimes étaient les humain-e-s. Le spécisme ne prend pas en compte les intérêts des animaux non-humains à ne pas souffrir, à éprouver du plaisir… car il refuse la notion d’égalité. Ce refus impose et justifie l’exploitation des animaux.
La seule alternative face à cette exploitation reste, bien entendu, le végétarisme (pas de viande, ni de poisson), le végétalisme (ni viande, ni poisson, ni lait, ni œufs) et encore mieux le véganisme (ne pas manger, ni porter de produits et sous-produits provenant d’animaux, ne pas aller aux zoos, cirques, courses de chevaux, ne pas utiliser de produits testés sur animaux…). Le véganisme, entant que choix personnel est un mode de vie alors que l’antispécisme est une position philosophique qui réclame l’égalité en droits. Tant que cette idée ne sera pas acceptée par tou-te-s, l’exploitation des animaux persistera…

Le sexisme

Que dire de l’égalité homme/femme ? Le sexisme se vit au quotidien.
Pendant ces fêtes, on verra comme d’habitude les filles et les femmes se lever plus souvent pour servir, pour préparer à manger, pour aller faire les courses. On retrouver ces rôles bien cadrés, définis dans le choix des cadeaux qui représentent bien les différences imposées aux deux sexes. Les garçons recevront des jouets guerriers, de la petite voiture à la game-boy en passant par la panoplie de héros pour imposer leur futur rôle de mâle, de dominant. Ils doivent d’ores et déjà montrer leur soit-disante supériorité physique et morale par rapport aux filles. Les petites filles, quant à elles, recevront des dînettes et autres poupées afin de se préparer à leur futur rôle d’épouse et de mère, c’est normal les filles doivent être douces, gentilles, belles pour plaire aux garçons alors on leur offrira les cadeaux en conséquence !!!
Le sexisme se trouve à tous les niveaux, aussi bien au travail (les femmes gagnent 30 % de moins que les hommes, plus de femmes au chômage, moins de postes à responsabilités, les femmes sont souvent cantonnées dans les mêmes secteurs d’activités : secrétariat, social, femmes de ménage, infirmières, institutrices…), au sein de la famille (tâches ménagères, éducation des enfants…), de la scène politique (très peu nombreuses)…
Peu de femmes sont reconnues en dehors des rôles d’épouse ou de mère de famille et en dehors des critères de beauté et de… féminité. Autour de nous des femmes se font tuer parce qu’elles osent dénoncer, d’autres n’ont pas le droit à la parole et à l’éducation. Certaines sont exploitées à longueur de journée, d’autres se font violer, d’autres insulter… tout s’explique par le simple fait qu’elles sont nées de sexe féminin et que c’est ainsi dans notre société : les femmes ne sont pas traitées comme des hommes.
Etant avant tout une célébration se fêtant en famille, Noël s’associe au patriarcat pour perpétuer et glorifier le statut de famille, les liens sacrés du mariage et de la maternité : couple hétérosexuel avec enfants. Tant pis pour les autres…
L’ordre de la famille s’établit ainsi : 1) Père 2) Mère 3) Enfant(s) (voir un peu plus loin). Une hiérarchie omniprésente. Un ordre patriarcal qui impose le culte de la famille et l’obligation d’y adhérer sous peine d’être marginalisé-e.

L’âgisme

Noël est la fête des enfants. Le statut des enfants s’inscrit donc dans la continuité des dominations. Dans notre société, ces derniers sont la propriété de leurs parents et des institutions (écoles…). Punitions, humiliations, exploitations sont leur quotidien. Ils ne peuvent pas agir sans l’approbation des adultes… Ils ne sont « rien » et pourtant sont considérés comme « tout ». Ils sont soit-disant sans défense, ni réflexion. Les enfants sont confrontés en permanence à l’âgisme qui limite constamment leur façon de penser, d’agir et les mettent dans une position de « sous être », dépendants des adultes.
Il ne faut pas non plus oublier que les personnes âgées sont souvent exclues de la société. « Enfants » et « vieux » ne faisant pas partie de la catégorisation « adultes » sont considérés comme des individu-e-s irresponsables (et pas productifs !).

La religion

Noël est une fête religieuse. Croire en Dieu ou croire en un Dieu, ne serait-ce pas croire en un être supérieur, un maître qui dirigerait le monde et qui laisserait la réflexion s’évanouir puisque c’est lui, et lui seul, qui dicterait la morale, la sienne ou plus exactement celle que certain-e-s ont bien voulu lui attribuer ? Que penser de tous ces siècles de conflits et de guerres pour défendre telle ou telle religion ? De tant de sacrifices effectués au nom d’un Dieu qui n’existe que dans l’esprit de ceux et celles qui le vénèrent ? Ceux-ci n’imaginent la société que sur un plan hiérarchique, reproduisant toujours le système « dominant/dominé ».

Litana (litana no-log.org)

Post Scriptum

Ce texte est également disponible sous forme de brochure (avec illustrations et divers contacts). Pour plus d’information : http://www.diffusons.fr.st et diffusons fr.st

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