
Oui à la feria, non à la corrida !
Du 1er au 5 août, environ 1 200 000 personnes ont assisté à la feria de Bayonne, ville dont le maire, Jean Grenet, député UMP, aficionado notoire, fut président du Groupe d’études sur la tauromachie à l’Assemblée nationale durant la XIIe législature. Pendant ces cinq jours, deux corridas ont été proposées, dont une équestre. Feria synonyme de corridas ? Il n’y a aucune raison pour que ce le soit : la feria, « grande fête annuelle » (définition du Larousse), est viable sans corridas. Dans le meilleur des cas, c’est-à-dire si les arènes (10 800 places) sont totalement remplies - et c’est loin d’être le cas -, 21 600 spectateurs auront assisté aux deux corridas, soit 1,8 % des visiteurs. C’est donc bien la corrida qui a besoin de la feria, et non l’inverse, si ce n’est pour assouvir les pulsions sadiques de quelques-uns... et remplir les poches de quelques autres. Quelles en sont par ailleurs les retombées économiques ? On ne le saura pas, puisque aucun bilan n’est établi par les organisateurs. Sérieuse gestion municipale... Samedi dernier, 4 août, la FLAC, Fédération des luttes anticorrida (interro_liens_callback), avait appelé à une grande manifestation pour protester contre le massacre de quatre-vingt-douze taureaux, torturés puis mis à mort dans les arènes de Bayonne pour la saison 2007. Oui à la feria, sans beuveries excessives, sans bagarres... et sans viols, comme cela se produit régulièrement tous les ans. Pauvre Bayonne. Y a du boulot. Avec ou sans les malheureux taureaux.
Luce Lapin
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