
Des souris et des hommes et des huîtres
Le cruel test de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), pratiqué, tout comme le test sur le Botox Vistabel® (« Puces » n° 901), sur des souris, consiste à leur injecter des extraits d’huîtres afin de chercher la présence de micro-algues qui pourraient se révéler toxiques pour la consommation humaine si — et c’était la plupart du temps le cas — les souris mouraient 24 heures après l’injection. Expérience contestée par les ostréiculteurs eux-mêmes, et les souris sont sacrifiées pour rien : « Aucune espèce n’est un modèle biologique fiable pour une autre » (Claude Reiss, scientifique, 40 ans au CNRS, président d’Antidote Europe).
Le 1er janvier dernier, il a été annoncé aux médias, qui l’ont largement diffusé, que le ministère de l’Agriculture et de la Pêche avait mis fin à ce test, et qu’il était remplacé par un test chimique, immédiatement mis en application. En réalité, si on va chercher les infos là où elles sont vraiment fiables, au lieu de tout gober passivement, on découvre, sur le site du Parlement européen, et uniquement en langue anglaise, les dessous bien dissimulés du test sur les souris, abandonné certes pas immédiatement : « Afin que les États membres puissent adapter leurs méthodes à la méthode chimique, la proposition prévoit que les méthodes biologiques [avec souris] continuent d’être utilisées pendant une durée limitée à convenir avec les États membres (la proposition actuelle prévoit deux ans). » Et pas plus définitivement : « Après cette période, les méthodes biologiques seront employées […] pendant la surveillance périodique des zones de production pour la détection de toxines marines nouvelles ou inconnues. » Pour International Campaigns, c’est clair : « La France, tout comme d’autres pays européens, peut dès à présent employer la méthode chimique (sans animaux) disponible, sans toutefois que cela soit une contrainte réglementaire pendant deux ans, au maximum. De plus, une fois que les tests chimiques seront utilisés de manière routinière, pas question d’abandonner pour autant les tests biologiques (sur des animaux, donc) pour tester les nouvelles toxines marines. Pour des questions de santé publique officiellement, mais aussi en raison de la culture bien ancrée de l’expérimentation sur les animaux, qui reste la référence absolue, et de la méfiance envers les méthodes de substitution. Bref, on avance, mais à reculons... »
IMPORTANT. Si vous souhaitez agir, André Ménache, vétérinaire (encore un scientifique !), directeur d’Antidote Europe, vous propose de contacter Mme Androulla Vassiliou (androulla.vassiliou( at )ec.europa.eu), responsable de la Santé à la Commission européenne, en lui posant la question suivante : que faut-il faire afin d’accélérer les méthodes substitutives ?
• Antidote Europe, 25, rue Jacques-Callot, 66000 Perpignan, tél. : 04 68 80 53 32, adhésion : 15 euros.
• I.C., http://www.international-campaigns.org
• Michèle Scharapan, pianiste soliste spécialiste de Schubert, donnera, le 16 janvier prochain à 20 h 30, un concert de musique de chambre au profit de L214 dans la salle du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, 2 bis, rue du Conservatoire, Paris IXe (réservations : 01 42 46 12 91 ou http://boutique.l214.com/index.php?cat=9).
• Soutien au Sea Shepherd contre les tueurs baleiniers japonais dans « La Puce de la semaine », sur http://www.charliehebdo.fr, et un « courrier clin d’œil » à Cavanna sur les « salopes en fourrure ».










