
L’Europe a voté : de la souffrance pour les animaux…
Alors que plus de 12 millions d’animaux périssent chaque année en Europe dans des douleurs extrêmes, le 5 mai dernier, le Parlement européen a rejeté, par 540 voix contre 66, les propositions de modification de la directive 86/609/EEC (1986) concernant une amélioration des conditions d’expérimentation des animaux. À Bruxelles, de grandes associations antivivisection, principalement britanniques, ont pourtant, durant de nombreuses semaines, essayé de persuader les membres du Parlement européen de soutenir les amendements qu’elles proposaient. Mais, pour André Ménache, docteur vétérinaire, directeur d’Antidote Europe, « le pouvoir et la puissance des lobbyistes industriels se sont manifestés de façon très claire : ils ont martelé aux députés européens que la santé humaine serait en danger si les expériences sur les animaux étaient réduites au minimum. Madame Drcar-Murko, parlementaire slovénienne et avocate de formation, a renoncé en février 2009 au rôle qu’elle tenait parmi les auteurs de la révision, dénonçant “l’intimidation et le chantage émotionnel insupportable de la part des lobbyistes de l’industrie” ».
… du fric pour les labos !
Comme l’affirme justement Claude Reiss, président d’Antidote Europe, ex-directeur de recherche au CNRS, biologiste moléculaire : « Aucune espèce n’est un modèle biologique fiable pour une autre. » Les eurosdéputés ont donc voté envers et contre toute raison. Pour le Dr Ménache, le seul point positif contenu dans cette directive est l’article 7.2, qui énonce qu’« il ne sera pas fait d’expérience s’il existe une possibilité raisonnable et pratique d’avoir recours à une autre méthode scientifiquement acceptable et n’impliquant pas l’utilisation d’un animal pour obtenir le résultat recherché ». Bien que cet article existe depuis 1986, peu de chercheurs osent le mettre en pratique, car ils sont l’objet d’intimidation de leurs collègues, et même de leurs institutions. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Pardon, monsieur Rabelais, d’en être encore là, si longtemps après…
• Antidote Europe, 25 rue Jacques-Callot, 66000 Perpignan, tél. : 04 68 80 53 32, http://www.antidote-europe.org, adhésion : 15 euros.
• « Ils te font souffrir pour que tu deviennes un taureau de combat. Tu me fais penser à ces chiens qui n’attaqueraient jamais personne, mais que de longs séjours dans les caves […] transforment en bombes hérissées de crocs. » Rencontre-débat-signature à Paris le 9 juin, à partir de 17 h 30, autour de Corrida, basta ! (éd. Robert Laffont), avec Christian Laborde. FNAC Étoile, 26, avenue des Ternes.
• À propos de ces chiens dits « dangereux », transformés en armes : une loi que Caroline Lanty, ex-présidente de la SPA de Paris (2006-2008), dénonce et qualifie de « bâclée » dans son livre, Le Scandale de l’animal business (éd. du Rocher).
• Le RAC (Rassemblement antichasse) à l’Écosalon de Compiègne (60) les 6 et 7 juin, salle des Rencontres de La Victoire, rue Saint-Joseph. contact (at) antichasse.com
• On retrouve Antidote Europe dans « La Puce de la semaine », http://www.charliehebdo.fr
Luce Lapin










