
On retrouve Jean-Pierre Garrigues, ex-président du CRAC (Comité radicalement anticorrida), interrogé cette fois sur le Grenelle des animaux, pompeusement rebaptisé Rencontres « animal et société ».
« Abolir la corrida ne coûte rien »
Les 23 avril et 5 mai 2008, deux réunions ont eu lieu au ministère de l’Agriculture sur le thème « Corrida et jeux taurins ». Quel en était le principal enjeu ?
L’enjeu majeur, à défaut de l’abolition immédiate et sans conditions de l’horreur tauromachique, était l’interdiction de l’entrée des arènes aux moins de 16 ans. Dans la mesure où François Fillon est un aficionado notoire, et quand on sait que quelques mois avant son élection à la présidence de la République Nicolas Sarkozy s’affichait aux arènes de Madrid en compagnie du directeur des arènes de Nîmes, Simon Casas, il était difficile d’espérer quoi que ce soit. Quand on met autour d’une table des abolitionnistes et des tortionnaires et que l’on annonce que seules des décisions consensuelles seront prises, que peut-on obtenir ?… Rien ! Et pourtant, l’existence même de ces réunions est une petite victoire pour les associations abolitionnistes : des responsables du « petit monde » de la torture contraints de venir défendre leurs pratiques barbares face à des représentants de la protection animale dans l’enceinte d’un ministère…
Quelles conséquences financières aurait l’abolition de la corrida en France ?
Abolir la corrida ne coûte rien. Au contraire, sa disparition permettrait de réduire les dépenses de l’État et les subventions européennes. N’oublions pas que la barbarie des arènes ne perdure que grâce à des financements publics ! Mais il manque le courage politique…
Scoop : J.-P. Garrigues ne se rase jamais !
Quand tu as démissionné, tu parlais de « revenir plus fort et plus déterminé1 ». Selon « la rumeur » qui circule dans la protection animale, tu reprendrais prochainement du service au CRAC. Chouette ! Tu confirmes ?
Un retour ? Je ne dirais pas que j’y pense en me rasant, puisque je ne me rase jamais ! En fait, depuis ma démission de la présidence du CRAC en juillet 2007, je n’ai pas vraiment quitté la lutte. Je continue à me tenir au courant de tout ce qui se passe, je diffuse de l’information et je sers de relais à des associations qui me font l’amitié de me solliciter… Pour ce qui est du CRAC, ce sont les adhérents qui décideront lors de la prochaine assemblée générale de 20082. Cela s’appelle la démocratie, et c’est très bien ainsi. Je profite de mon passage dans ces colonnes pour remercier les nombreux lecteurs de Charlie, par ailleurs adhérents du CRAC, qui ont répondu à notre appel en te soutenant. Un vrai raz de marée !
Propos recueillis par Luce Lapin
1. « Anticorrida : pour J.-P. Garrigues, un combat avant tout éthique », « Puces » n° 801 du 24/10/07. 2. Dont la date, en cette mi-juin, soit déjà la moitié de l’année, n’est toujours pas fixée.
Accueil . ACTIONS . RESERVOIR . MILITANTS et SITES WEB . Thèmes . Agenda
Newsletter . Plan du site . Contact . FAQ