Poulets industriels : sacrifiés au dieu Malbouffe
20 poulets par mètre carré : poussez pas !

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Poulets industriels : sacrifiés au dieu Malbouffe
Jusqu’à présent, il n’y avait en France aucune législation spécifique à l’élevage des poulets destinés à la consommation. Depuis le 7 mai, il existe une « Directive poulets de chair », adoptée au Conseil des ministres, résultat d’un accord entre vingt-sept pays de l’Union européenne, et qui entrera en vigueur en 2010. Alors qu’on déplore depuis longtemps l’absence de mesures de protection légale qui pourraient rendre un peu moins cruelle la courte vie de ces oiseaux - êtres sensibles, je le rappelle -, dont la seule légitimité est de nous nourrir, la première réaction est de s’en réjouir. Eh bien, on a tort. Tort d’avoir espéré un seul instant qu’elle pût apporter une quelconque amélioration : cette directive ne fait qu’officialiser les pratiques déjà existantes, les légitimant de fait. Les compromis successifs accordés au bénéfice des États peu soucieux du sort animal ont abouti à un texte édulcoré, sans substance. Et ce n’est pas la France qui a fait le plus preuve de véhémence...
20 poulets par mètre carré : poussez pas !
5 milliards de poulets sont « élevés » - par respect envers ces animaux, la décence humaine impose les guillemets devant un tel mode d’« élevage » - de façon intensive chaque année en Europe, dont 830 millions en France, premier producteur européen. 80 % d’entre eux sont entassés dans des hangars, à raison de 10 000 à 50 000 individus - soit 15 à 24 oiseaux par mètre carré. Ces densités sont largement au-dessus de celles préconisées par le Comité scientifique européen pour la santé et le bien-être animal. La question des « souches à croissance rapide » n’a même pas été évoquée, alors qu’elle constitue le problème majeur du développement anarchique des poulets. Pour Johanne Mielcarek, chargée de campagne à la PMAF (Protection mondiale des animaux de ferme, tél. : 03 87 36 46 05, interro_liens_callback ) : « La sélection génétique de ces animaux a été telle au cours des trente dernières années qu’on n’en a rien fait d’autre que de la viande sur patte. Nous mangeons les monstres qui ont survécu à quarante jours de croissance démesurée, de paralysies, d’infections, d’insuffisance cardiaque et respiratoire... tandis que des millions d’entre eux succombent chaque année avant même d’avoir atteint leur poids d’abattage. » Pour ne pas mettre votre propre santé en danger, et pour ne pas être complice de cette souffrance infligée, la consommation de poulets fermiers, bio ou Label rouge, élevés en liberté, s’impose d’elle-même. Plus cher ? Mangez-en moins, mais mangez bien !
• Aujourd’hui, mercredi 27 juin, de 19 heures à 21 heures, conférence du Comité radicalement anticorrida à Lille : « La corrida, un jeu cruel », au Café citoyen, 7, place du Vieux Marché aux chevaux (M° République), avec projection-débat d’Alinéa 3 (contact : 06 29 80 54 28, site : interro_liens_callback ).
Luce Lapin
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